DIORMAG

07 Juillet
Défilés

Compte rendu

Hier après-midi, la collection de haute couture automne-hiver 2015-2016 de Raf Simons pour Dior défilait dans le jardin du musée Rodin, à Paris.

Sur le gazon du musée Rodin, un édifice tout en touches de couleur et en jeux de transparence accueille les invités. À l’intérieur : un jardin dans le jardin. À l’abri de grands vitraux peints de motifs pointillistes, il compose un décor pictural, transportant les femmes qui parcourent ses allées d’herbe violette dans un tableau vivant, où l’histoire de l’art est revisitée à l’aune de la modernité Dior.

Pour cette collection de haute couture automne-hiver 2015-2016, Raf Simons, le Directeur Artistique de la Maison, a imaginé une féminité à l’allure troublante. Sa silhouette célèbre avec subtilité l’union de l’art et de la mode, de l’innocence et de la tentation, de l’opulence et de l’épure. Ce sont de longues robes immaculées, qui recouvrent le corps mais laissent deviner ses courbes en transparence, d’autres qui mettent le dos à nu ou dévoilent la peau par des échancrures, ou encore des manteaux qui s’entrouvrent sur un décolleté. Et si les lignes inspirées du vêtement médiéval sont pures, le luxe se dissimule dans le choix de matières nobles – cachemire, fourrure, velours ou mousseline –, dans les impressionnants volumes de tissu et surtout dans la richesse du travail des ateliers de haute couture. Les jupes Corolle sont intégralement brodées de plumes. Les étoffes peintes de touches de couleur, à la manière de toiles de maîtres impressionnistes, sont rebrodées d’or. Les manches de l’emblématique tailleur Bar sont réinventées en volume à la lumière d’influences tirées du passé…

« L’impact historique est ici rapporté à une réalité contemporaine et c’est pour moi ce qui apporte la modernité », affirme Raf Simons. Ainsi, une robe de madone au décolleté profond se porte sur un pantalon. Et sur les manteaux, le patrimoine Dior et l’influence du Moyen-Âge sont tous deux revisités par des associations de matières et de couleurs, bousculées par l’asymétrie d’une manche en fourrure. Silhouette après silhouette, les époques s’entremêlent et se superposent pour créer une attitude nouvelle.

07 Juillet
Défilés

Décor pointilliste

Telle une œuvre pointilliste éphémère, des milliers de petites tâches multicolores recouvrent les vitraux de la structure Dior installée hier au milieu du Musée Rodin. A l’intérieur, c’est un jardin secret. Pénétrez les lieux.

07 Juillet
Défilés

Effet d’optique

Hier après-midi au musée Rodin, Raf Simons présentait sa collection de haute couture automne-hiver 2015-2016 pour Christian Dior dans un décor aux allures de tableau impressionniste. Découvrez la scénographie.

Dior Couture Autumn-Winter 2015-2016 show
Dior Couture Autumn-Winter 2015-2016 show

Au milieu du la nature florissante du musée Rodin, un édifice aux reflets multicolores s’élève. En se rapprochant, les invités découvrent des milliers de petits points verts, fuchsia, jaunes et bleus peints à même des vitraux géométriques placés aléatoirement sur toute la structure. Cette technique pointilliste rappelle les imprimés de certaines créations de haute couture imaginées par Raf Simons. À l’intérieur, le décor se dévoile autrement : les rayons du soleil percent les panneaux de verre et intensifient le jeu de nuances et de perspectives. Comme une réminiscence de la passion de Christian Dior pour les jardins, les invités prennent place au milieu d’un enclos secret où l’herbe n’est pas verte mais violette et les fruits délicieux sont des pastèques aux couleurs originales.

07 Juillet
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Haute Couture

06 Juillet
Défilés

Le Jardin des délices

Cet après-midi au Musée Rodin Raf Simons présentait sa collection de haute couture automne-hiver 2015-2016 pour Christian Dior. Découvrez le dossier de presse.

Dior couture Autumn-Winter 2015-2016 show

Le Jardin des délices : telle la vision paradoxale de l’innocence et de l’expérience, de la simplicité et du luxe, de la beauté et de la décadence, à travers le regard des maîtres flamands et français de la peinture et de l’artisanat. Pour sa collection de haute couture automne-hiver 2015-2016, Raf Simons, Directeur Artistique de Christian Dior, rapproche les maîtres primitifs flamands et les maîtres artisans de la haute couture française et en propose une synthèse de techniques, de gestes artistiques et de formes historiques qui fait sens aujourd’hui.

« J’étais intrigué par l’idée de fruit défendu et par ce que cela peut signifier de nos jours, explique Raf Simons. Comment l’idée de pureté et d’innocence s’oppose à celle d’opulence et de décadence, et comment ces notions s’imbriquent dans l’idée même du jardin Dior – qui n’est plus, ici, un jardin de fleurs, mais un jardin sexué. L’inspiration originelle de la collection vient des maîtres flamands et de leur approche de la peinture : cette tension entre un luxe que l’on décrie et que l’on chérit à la fois, cette maîtrise totale de la technique et la beauté du geste artistique, ce réel et cet irréel. Les uns ne peuvent pas exister sans les autres. »

La collection se construit par stratifications et amalgames  historiques, à la fois dans l’art et dans la mode, mettant en avant comment le fait que les inspirations et l’architecture d’une époque donnée se fondent sur celles des époques précédentes, du gothique tardif aux plus récents maîtres des xixe et xxe siècles, en passant par la Renaissance et l’époque baroque, chacune représentée dans un sens général de l’Histoire. Influences flamandes et françaises se rejoignent dans ces drapés spectaculaires dont les reliefs rappellent la technique de l’impasto, dans cette attention toute particulière accordée au travail historique des manches, ou encore dans ces motifs évoquant l’impressionnisme et le pointillisme et leurs imprimés souvent peints à la main sur les tissus de la collection, ou faits d’assemblage minutieux de plumes. L’atelier tailleur et l’atelier flou s’unissent pour développer de nouvelles formes de vêtements, à la fois fluides et architecturés : des systèmes complexes de plissés en crêpe de Chine – propres au flou et aux robes – deviennent ici les doublures remarquables de capes réversibles qui offrent à celle qui les porte le choix d’un plaisir personnel ou d’un plaisir partagé. Les fameux manteaux Dior affichent leurs similarités avec les capes de la fin du Moyen-Âge et avec les robes de la Belle Époque par les importants métrages de taffetas de soie nécessaires à leur construction. Dans le même temps, les bijoux Dior se font plus luxueux et plus expressifs que jamais, cette saison, inventant une nouvelle forme de cannage en cotte de mailles à porter comme des gilets sur les pièces de la collection, ou se drapant telles de lourdes chaînes aux charms égrainés.

« Je voulais que l’idée de sensualité et de luxe soit implicite dans cette collection, explique Raf Simons. Mais je voulais aussi que l’on y retrouve l’innocence, le gestuel et le personnel. J’ai souvent été inspiré par la qualité de geste du travail de Monsieur Dior. L’impact historique est ici rapporté à une réalité contemporaine et c’est pour moi ce qui apporte la modernité. Le décor renvoie, à bien des égards, à une église moderniste, pointilliste : c’est là que tous ces aspects se rejoignent. »

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