22.01 

LE TRIOMPHE DE LA FEMME-FLEUR

GALERIE

Hier, dans les jardins des Tuileries, Raf Simons présentait sa deuxième collection de haute couture pour la maison Dior. Compte-rendu.

C’est une boîte aux façades de miroir cachée dans les jardins des Tuileries. Les arbres dénudés par l’hiver s’y reflètent comme un paysage sur un plan d’eau et si ce n’est en prêtant bien attention aux arêtes du cube, on ne saurait pas vraiment dire si la structure existe ou si elle est une simple illusion d’optique. Pourtant, à l’intérieur, tout est bien réel. La blancheur brillante de la salle rappelle la neige qui a recouvert Paris ces trois derniers jours. Un jardin y est installé. Des allées de buis renouent avec les traditionnels parterres à la française, tel que l’on peut les voir à Versailles, mais leur dessin, ici, raconte une histoire bien contemporaine.
Vient le premier passage, émergeant d’entre les buis, telle une fleur poussant en son jardin. Car toute l’idée de Raf Simons est là : la collection est une métaphore du printemps, depuis les tout premiers signes de vie et les premiers bourgeons du point de l’hiver jusqu’aux fleurs totalement épanouies du plein été. « Cette saison, je voulais faire une collection qui parle d’elle-même,   explique le créateur. Je voulais qu’elle soit littéralement “de saison”, qu’elle raconte l’idée même du printemps. »   Et c’est ainsi toute la vision de la féminité de Monsieur Dior que l’on retrouve, ces femmes-fleurs que le couturier avait imaginées pour son premier défilé de haute couture, en 1947. Ces femmes épanouies et romantiques, jeunes et assumées.

Tout est superposition, structurant le défilé dans son ensemble, donnant l’impression que les silhouettes éclosent et poussent dans le décor. Ainsi, ces broderies de fleurs en couches successives, de plus en plus nombreuses à mesure que la collection se découvre. Jusqu’à ces robes au dos ballon, entièrement brodées, dont l’effet naturel cache une construction minutieuse, prouesse technique des ateliers. Ainsi ces robes aux bustiers à la construction rigoureuse et aux jupes évanescentes. Ainsi les couleurs, qui commencent entre poudre, beige, écru et chair ; puis viennent les rouges, l’intensité d’un coquelicot, la profondeur d’un bordeaux ; vert et rose revêtent toutes les nuances que l’on peut leur trouver dans un jardin.
Clin d’œil par-delà l’histoire et le temps : le 12 février 1947 aussi, lorsque Christian Dior présentait sa première collection de haute couture, Paris et l’avenue Montaigne étaient recouverts d’un épais manteau neigeux. Blanc, c’est aussi la couleur des dernières silhouettes de ce défilé.

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