• EN SAVOIR PLUS

    Manteau « Arizona 1948 » en laine rouge sur pull en cachemire noir et jupe en soie noire.

  • EN SAVOIR PLUS

    Robe Arizona , collection haute couture automne-hiver 1948, © Laziz Hamani

  • EN SAVOIR PLUS

    Robe bustier « Opéra Bouffe 1949 » en cuir noir

  • EN SAVOIR PLUS

    Robe Opéra Bouffe , collection haute couture automne-hiver 1956, © Laziz Hamani

  • EN SAVOIR PLUS

    Robe « Miss Dior 1949 » en tulle noir brodée cuir

  • EN SAVOIR PLUS

    Robe Miss Dior , collection haute couture printemps-été 1949, © Laziz Hamani

03.03 

DIOR À TRAVERS LES ÂGES

GALERIE

Ce qui frappe dans la collection de prêt-à-porter automne-hiver 2013 de Raf Simons, c’est sa modernité. Mais en regardant de plus près, c’est aussi toute l’esthétique et les codes de Monsieur Dior que l’on retrouve ici.

Bien sûr, il y a la silhouette Bar  , celle du « New Look », comme l’avait qualifiée Carmel Snow, rédactrice en chef du magazine américain Harper’s Bazaar,   en 1947, lorsque Christian Dior présentait, pour la première fois, son travail de couturier. On reconnaît sa taille affinée, ses épaules arrondies, ses hanches marquées. La ligne se retrouve, entre autres, sur les vestes et les robes-manteaux du défilé de prêt-à-porter que le créateur Raf Simons présentait vendredi. Il poursuit là le travail de réinterprétation de la stylistique de Christian Dior, commencé en juillet dernier avec sa première collection en tant que directeur artistique de la maison. Mais ce sont également tous les codes esthétiques Dior que l’on retrouve et qui viennent instaurer un dialogue, à travers le temps, entre les deux créateurs. Il y a le pied-de-poule, si représentatif de l’anglomanie de Christian Dior, que l’on devine derrière une maille ajourée, une encolure de robe-manteau, large comme celle d’un veston. La régularité de son graphisme, par contraste, est mise en valeur dans un empiècement sens dessus dessous sur un bustier. Ou bien c’est dans sa plus simple expression qu’on le retrouve : par un jeu sur le noir et l’ivoire dans une torsade sur une longue maille. Raf Simons s’amuse, il maîtrise le vocabulaire et parle le Dior comme une langue « paternelle   ». Et puis, il y a le nœud aussi : « L’ornement le plus naturel pour une robe car il permet très simplement de fermer ou de nouer un vêtement, assurait Christian Dior. J’aime que les nœuds finissent un décolleté, garnissent un chapeau, ferment une ceinture.  » 

Ici, ce sont de larges pans à l’encolure d’un épais manteau, le fermant comme une écharpe nouée ; là, c’est un simple ruban retenant sur l’épaule un mantelet, rappelant le principe des robes de cocktail du printemps 1947, où le nœud faisait son apparition dans la stylistique de Christian Dior.
Tous ces détails disent l’admiration que Raf Simons porte à Christian Dior et trouvent leur point d’orgue dans les citations littérales de certaines silhouettes phares des premières années de la maison : Miss Dior , cette robe de 1949, entièrement brodée de couleurs pastel et florales, devenue en 2013 toute de cuir ; même travail sur la robe Opéra bouffe   de 1956 ; tandis que le manteau Arizona , imaginé en 1948 par Christian Dior – et définissant très exactement ce que l’on appelle le rouge Dior –, conserve ici jusqu’à sa couleur. Il défilait vendredi, soixante-cinq ans après sa première apparition publique, en tout point semblable à son illustre aïeul, couvrant un simple ensemble noir de cachemire et soie, et il fallait être un historien chevronné pour reconnaître, au milieu de toutes ces créations modernes de Raf Simons, que celle-ci était de Christian Dior, tant elle semble faire partie d’un langage commun aux deux créateurs.

PLUS DE MÉDIAS

CLASSÉ DANS :