12.02 MONSIEUR DIOR

JOYEUX ANNIVERSAIRE, NEW LOOK !

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Il y a tout juste soixante-six ans, Christian Dior présentait son premier défilé de haute couture et la première fragrance de la maison.

Un épais manteau blanc recouvre le décor. Comme si l’avenue Montaigne avait voulu assortir ses couleurs aux zibelines des élégantes qui la parcourent. Paris est sous la neige. La semaine précédente, le mercure est descendu à – 14 °C. Au numéro 30, l’excitation réchauffe l’atmosphère : aujourd’hui, Christian Dior présente son premier défilé de haute couture, nous sommes le 12 février 1947, et tout le monde ici s’affaire à ce qu’il soit parfait, selon les volontés du maître. « Marquera-t-il les esprits ? » se demandent sans doute tous les acteurs, de la petite main, concentrée sur ses aiguilles, au couturier, angoissé par les enjeux.
Ce jour fera date, nous le savons aujourd’hui ; mais à ce moment-là, seule l’expectative règne. Christian Dior a une nouvelle vision de la femme. De la silhouette, certes, mais plus généralement de la présence de la femme. La haute couture l’habille, le parfum l’accompagne, la suit avec persistance. Au premier passage, un mouvement d’étonnement parcourt l’assistance. La surprise est grande : la taille est marquée, la poitrine, arrogante, les jupes sont longues, on devine les imposants métrages de tissus qui en structurent la ligne. La stupeur des premiers instants cède à l’enthousiasme : enfin les femmes allaient redevenir femmes. Fini les restrictions de la guerre ; exit l’austérité du deuil ; adieu les robes sac aux tombés lourds.

La féminité faisait son come-back, telle que personne ne l’avait vue depuis la Belle Epoque. « It’s such a new look »,   s’exclame Carmel Snow, rédactrice en chef de l’influent Harper’s Bazaar   américain. C’est une révolution.
Pour cette jeune femme en fleur que Christian Dior habille, il fallait aussi un sillage. Le couturier en est convaincu ; il se fait alors parfumeur et imagine Miss Dior, « un parfum qui sent l’amour » . Lorsque les invités entrent pour assister au défilé, plusieurs litres du parfum embaument les salons, comme d’immenses brassées de fleurs ouvertes à tout vent. Sur les cheminées, en haut des marches de l’escalier, partout : des roses blanches. L’harmonie est complète, et lorsque les jupes Corolle   défilent, il semble alors que tout n’est plus que fleurs : les robes, les femmes, le sillage, l’amour même.
Ce 12 février 1947, l’histoire Dior a commencé. Et depuis ce jour, ni la couture, ni le luxe, ni la parfumerie, ni la mode n’ont plus jamais été comme avant.

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