19.01 

NEW WAVE

GALERIE

Kris Van Assche, le créateur des collections Dior Homme, présentait aujourd’hui son défilé automne-hiver 2013-2014. Compte rendu.

L’espace est blanc. Immaculé. Rectiligne. Il dit toute la modernité d’une époque que l’on imagine être un futur très proche. Un monde à la pureté hygiéniste. Pour en accentuer davantage l’effet, cette scène est installée dans le manège équestre de la garde républicaine, structure XIXesiècle de verre et de métal qui accueille un défilé de mode pour la première fois. Le contraste est saisissant. C’est dans une troisième époque encore que les premiers accords de musique nous transportent : 1982, Anne Clarke et la révolution New Wave. Les premiers mannequins entrent en scène, le pas vif, entraîné par les rythmes électroniques. Les costumes sont noirs, très noirs ; les chemises, blanches, très blanches, qu’une simple ligne de cravate vient structurer. Une ligne de cravate très noire. La silhouette est plus athlétique, appuyée à la taille, parfois même soulignée d’une ceinture à boucle métallique sur les vestes. Dans cet univers futuriste chaotique, induit par les contrastes du décor, souligné plus encore par la musique, l’homme qu’a imaginé Kris Van Assche pour Dior, cette saison, est une image idéale. Sous la lumière blanche du cat-walk, il avance sûr de lui, strict, ultra-clean, nickel. Parfait.

Jusqu’aux chaussures, dont une coque de plastique translucide vient couvrir la semelle et le talon, comme pour isoler du sol la démarche, comme si rien ne pourrait jamais arriver.Les vestes bimatières semblent moulées sur le corps, le Néoprène et les toiles techniques structurant parfois la silhouette comme une carapace. Elles se zippent jusqu’au col. Tout est sous contrôle. Un homme, un peu superhéros. Mais pas celui des films. La théâtralité a cédé au quotidien.
C’est que ce futur voulu par le créateur est optimiste. Les hommes se regroupent en fraternités. Cette saison, celle de Dior Homme porte fièrement son emblème, comme un signe cabalistique : un triangle qui vient s’inscrire dans un cercle. On le découvre sur les pulls, les vestes. Noir, blanc, gris ou rouge. Ce même rouge, couleur diorissime s’il en est, que l’on retrouve en rayures tennis sur les costumes jouant l’effet graphique, alternant les lignes simples et les lignes doubles.
Après un aller-retour sur le cat-walk, les mannequins montaient sur les coursives autour du décor, comme embrassant la salle dans leur volonté de modernité. Le futur, c’est maintenant.

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