01.03 BREAKING NEWS

LA PERSISTANCE DE LA MÉMOIRE

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Un peu plus tôt, cet après-midi, Raf Simons présentait sa deuxième collection de prêt-à-porter pour la maison Dior. Découvrez le défilé et le dossier de presse.

La Persistance de la mémoire   ou comment les idées, les sensations et les expériences vont et viennent et influent, au fil des jours, sur le processus créatif. Pour sa collection de prêt-à-porter automne-hiver 2013, Raf Simons s’intéresse à cette notion de mémoire et à la manière dont elle façonne la nature même des créations de la maison ; aujourd’hui pour Raf Simons et hier pour Christian Dior.
« Cette collection est surtout liée à des passions communes,   explique Raf Simons. Comme, par exemple, un réel intérêt pour l’art – Christian Dior a été galeriste avant d’être couturier, et a exposé Salvador Dalí et Alberto Giacometti à leurs débuts. Nous partageons également un certain rapport au temps et aux réminiscences de différentes périodes de l’histoire : pour Dior, c’est l’obsession de la Belle Epoque, pour moi, celle du modernisme. C’est l’idée même du lien à travers le temps qui compte ici, plus encore que ce qui va en découler. L’important, c’est l’attirance et l’obsession. » 
La collection est pensée comme un cahier d’inspiration, un collage de vêtements représentant des moments forts, à la fois pour Raf Simons et pour la maison Dior. Un manteau peut parfaitement trouver sa place aux côtés d’une nouvelle interprétation de la veste Bar en denim de laine, à son tour associée au nouveau sac Bar. Le pied-de-poule, motif iconique de la maison Dior, disséqué et réinterprété, se devine sur les bodys et les bustiers derrière les larges encolures des vestes, des manteaux ou des robes. L’asymétrie, déjà travaillée lors des premiers défilés de haute couture, se retrouve, au fil de la collection, dans ces silhouettes changeantes, aux aspects multiples, à la fois courtes et longues en un seul passage.

La collection joue les juxtapositions inattendues, les associations libres, à la fois profondes et amusantes, et qui trouvent leur expression la plus aboutie dans ce que Raf Simons appelle ses  « robes de mémoire. »  Une robe droite typique des années 1920, brodée et appliquée de motifs, nous renvoie à l’histoire personnelle de Christian Dior. L’idée de libre association, propre au surréalisme et si fondamentale dans cette collection, laisse libre cours à l’interprétation. Une nouvelle sensibilité graphique se lit au fil des modèles et trouve son aboutissement dans la collaboration inédite entre The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts et la maison Dior. Les premiers dessins des années 1950 d’Andy Warhol définissent un motif récurrent, de style moderniste, que l’on retrouve, imprimés ou brodés, sur les vêtements et les accessoires.
« Pour moi, Warhol s’imposait comme un choix évident,   assure Raf Simons, à propos de la collaboration.J’étais intéressé par la délicatesse et la sensibilité de ses débuts, naturellement attiré par ce style graphique. C’est cette idée de dessin à la main, comme une signature personnelle, qui sied le mieux à cette collection. » 
Le surréalisme et le pop art sont réunis également dans le décor onirique du défilé. Alors qu’un chemin de nuages, inspiré par René Magritte, serpente au sol, autour de gigantesques sphères en miroir, le mariage de la mémoire et du désir trouve là son apogée.

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