Niki de Saint Phalle et Dior | DIORMAG

28 Septembre
Défilés

Entrée

Sur la façade de la structure était retranscrite une citation de Niki de Saint Phalle extraite de son livre, publié en 1985 à l’occasion de la première présentation de son travail sur les cartes de tarot : « Si la vie est un jeu de cartes, nous sommes nés sans connaître les règles et nous devons jouer notre main. A travers les âges, l’homme a toujours aimé jouer avec les cartes du jeu de tarot. Poètes, philosophes, alchimistes et artistes se sont appliqués à découvrir leur signification. »
Ces deux phrases apportent une autre clé de lecture pour comprendre la collection et rappellent la passion de Christian Dior pour cet art divinatoire. 

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Adrien Dirand

27 Septembre
Défilés

VIP

Camille Rowe

Naomi Watts

Britt Robertson

Karlie Kloss

Natalia Vodianova

Alexa Chung

Eva Herzigova

Annabelle Wallis

Charlotte Le Bon

Gabriella Wilde

Olivia Palermo

Winnie Harlow

Arizona Muse

Aymeline Valade

Jeanne Damas

Chiara Ferragni

Aimee Song

Camilla Coelho

Negin Mirsalehi

Liying Zhao

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Getty

27 Septembre
Défilés

Niki de Saint Phalle et Dior

Pour sa collection de prêt-à-porter printemps-été 2018 présentée hier à Paris, Maria Grazia Chiuri s’est inspirée de l’œuvre de Niki de Saint Phalle, mais aussi de l’amitié de l’artiste avec Marc Bohan, alors Directeur Artistique de Dior.

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L’histoire commence en 1965. Cette année-là, Niki de Saint Phalle présente ses premières Nanas en laine et papier mâché, et c’est par l’intermédiaire du galeriste qui organise l’exposition que Marc Bohan fait alors sa connaissance. Très vite, ils se lient d’amitié. Une amitié teintée d’admiration, où chacun est attiré par les créations de l’autre. Amateur d’art, Marc Bohan fait l’acquisition de quatre Nanas : une grande, en maillot de bain rayé ; une plus petite, en robe à bretelles ; une autre, nue, au corps tatoué ; et enfin, une monumentale, portant un sac à main. « J’aimais l’invention dans son travail », confie-t-il. Quant à Niki de Saint Phalle, elle apprécie l’allure particulière des silhouettes qu’il crée pour Dior. Elle devient cliente de la Maison, assiste aux défilés, et le Directeur Artistique dessine même des modèles spécialement pour elle, comme ce long manteau croisé avec de volumineuses manches en fourrure, que l’artiste porte ceinturé et avec un béret, en 1965. Près de vingt ans plus tard, ce lien de créateur à créateur perdure et prend la forme d’un échange inspirant et inspiré. En 1982, Niki de Saint Phalle fait appel à son fidèle ami pour l’habiller lors du lancement de son parfum. Tout naturellement, Marc Bohan reprend pour cela les codes esthétiques de ses œuvres sensuelles et colorées ; les essayages de ces créations spectaculaires sont immortalisés dans ces clichés où le Directeur Artistique, en blouse de travail, place une tiare composée de deux serpents entrelacés sur la tête de son amie. Deux ans plus tard, comme par un juste retour des choses, une Nana est placée sur les marches du Grand Palais, où défile la collection printemps-été 1984 de la Maison. Un dialogue entre Dior et Niki de Saint Phalle, que Maria Grazia Chiuri poursuit aujourd’hui.

27 Septembre
Défilés

Les silhouettes du show 

26 Septembre
Défilés

La vidéo du show 

26 Septembre
Défilés

Femmes artistes

Focus sur l’essai de Linda Nochlin, qui a inspiré Maria Grazia Chiuri et dont le titre figure sur un tee-shirt de la collection de prêt-à-porter printemps-été 2018.

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Morgan O’Donovan

« Why Have There Been No Great Women Artists ? »

C’est la question que pose avec provocation l’historienne féministe américaine Linda Nochlin dans un article publié, en 1971, dans la revue ARTnews. La formule choc interpelle et vise à éveiller les consciences sur une problématique bien réelle : pourquoi l’histoire de l’art ne retient-elle que les grands artistes masculins ? Réponse de l’essayiste : parce que ce sont les hommes qui écrivent cette histoire.

« Why Have There Been No Great Women Artists ? »

C’est la question que l’on retrouve aujourd’hui sur les tee-shirts de la collection de prêt-à-porter printemps-été 2018 de la maison Dior, non comme un écho au constat de Linda Nochlin mais comme un soutien aux femmes artistes. Pour Maria Grazia Chiuri, si, en effet, jusque dans les années 1970, l’histoire de l’art excluait les grandes figures féminines, l’art contemporain est aujourd’hui plus ouvert : il est devenu plus universel dans son écriture. La preuve en est : Niki de Saint Phalle qui inspire cette collection et qui, à l’époque même de l’essai de Linda Nochlin, travaillait aux œuvres majeures que l’Histoire a depuis retenues.

26 Septembre
Défilés

Collection

Cet après-midi, dans les jardins du musée Rodin, à Paris, Maria Grazia Chiuri présentait sa collection de prêt-à-porter printemps-été 2018. Découvrez le dossier de presse.

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Nicole Maria Winkler for Dior

« Comme dans tous les contes de fées, avant de trouver le trésor, j’ai rencontré sur mon chemin des dragons, des sorcières, des magiciens et l’ange de la tempérance. »

Niki de Saint Phalle

 

Lors de ses recherches dans les archives de la maison Dior, Maria Grazia Chiuri, Directrice Artistique des collections féminines, s’est intéressée à une série de photographies de Niki de Saint Phalle. Sur l’une d’entre elles, on voit l’artiste à dos de chameau ; sur d’autres, elle pose pour Dior, à l’époque de Marc Bohan, son grand ami, alors à la tête des créations de la Maison. Incarnant la beauté de son temps, menue et forte, plus adolescente qu’androgyne, elle affirme un style vestimentaire à la fois iconique et personnel, actuel dans ses proportions et dans ses impertinences. Sa vie semble digne d’un roman. A l’époque de l’émancipation de la femme, Niki de Saint Phalle se lance dans un corps à corps avec l’art, le monde et elle-même. Comme tous les artistes, elle est portée par ses émotions. C’est cette créativité au féminin qui parle à Maria Grazia Chiuri.

« Why Have There Been No Great Women Artists ? » (Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ?) C’est la question que pose l’essai de Linda Nochlin, publié en 1971, et qui interpelle aussi Maria Grazia Chiuri. Il est nécessaire de redonner leur place à ces artistes différentes et uniques, car ce sont elles qui transgressent le discours traditionnellement masculin de l’histoire de l’art, et celui de la mode. Ce sont les Nanas, ces sculptures de femmes hors normes, mais aussi les cœurs bariolés, les dragons, l’arbre de l’amour et cette œuvre démesurée et délirante, le Jardin des Tarots, en Toscane, qui deviennent motifs, broderies éclatées et mosaïques de miroirs dans la collection de Maria Grazia Chiuri et la scénographie du défilé. Elle n’a pas peur de reprendre la palette colorée de Niki de Saint Phalle, presque criarde, et de la faire dialoguer avec la dentelle, la soie, le cuir ou le plastique.

Cette collection de prêt-à-porter printemps-été 2018, qui s’inspire de l’artiste, fait également référence à Marc Bohan et ses petites robes et combinaisons, parfois associées à des jupes amples ouvertes à l’avant. Ce sont aussi des gros pois, des carreaux noir et blanc, des pantalons portés avec des vestes ou des sahariennes, associés, selon l’humeur, à des chemises masculines aux rayures fines, à pois ou d’un blanc romantique : autant d’emprunts au vocabulaire de Marc Bohan. Enfin, l’atmosphère et les références de la collection, explicites ou implicites, nous transportent dans l’agitation effrontée des années 1960 qui illustrent la force changeante des univers féminins. Ils font évoluer non seulement la mode, mais aussi le monde contemporain. 

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