RENCONTRE AVEC LES ARTISTES

Interview Avec Joana Vasconcelos

  • Hors-normes. Les œuvres de Joana Vasconcelos repoussent les limites. De satires en détournements, d’œuvres monumentales en extravagances envoûtantes, cette artiste portugaise – première femme invitée à exposer au Château de Versailles – porte un regard à la fois complice et critique sur la société contemporaine, et sur l’identité féminine, en se réappropriant visions, préjugés et réalités. En 2013, pour l’exposition Miss Dior, elle revisitait le nœud poignard – qui orne l’iconique fragrance – le transformant en une spectaculaire installation lumineuse. Son lien avec la Maison s’enrichit aujourd’hui avec sa réinterprétation d’une autre de ses icônes, le Lady Dior. Contrastant sur un cuir noir, un cœur battant, d’un rouge intense, évoque son œuvre « Cœur de Paris » installée à la Porte de Clignancourt. Brillant de 300 LEDs, ce coeur conjugue nouvelles technologies et sentiments éternels à travers deux symboles amoureux indissociables de l’histoire de Dior : le rouge, l’une des nuances favorites de Christian Dior, « la couleur de la vie » selon les mots du couturier, et le cœur, l’un de ses porte-bonheurs fétiches qui ne le quittait pas. Ce bijou d’innovation, scintillant au rythme d’un battement de cœur, décliné également dans une version large, est une manière pour Joana Vasconcelos de faire rayonner l’esprit d’avant-garde de Dior. Un accessoire incontournable, ode à l’amour résolument futuriste.

INTERVIEW AVEC WANG GUANGLE

  • Pionnier de la peinture conceptuelle en Chine, Wang Guangle raconte le monde au fil de ses œuvres envoûtantes et abstraites. Il façonne une nouvelle perception de sa discipline en expérimentant, à travers des couches de couleurs, des effets de reliefs et de mouvements texturés. Pour son Lady Dior, cet artiste s’est inspiré de sa série Coffin Paint. Ainsi, des strates de cuir brillant – ou des matières métallisées pour la version mini – illuminées de teintes vives se chevauchent par vagues successives. Cette référence poétique à son art est sublimée par le jeu de transparence de chacun des côtés du sac, réalisés en PVC, donnant à voir ses découpes colorées. Minutieux et harmonieusement irrégulier, ce travail de superposition fait également écho aux vagues et à la mer, métaphores de la vie et de la mort selon la philosophie bouddhiste.

INTERVIEW AVEC MICKALENE THOMAS

  • A travers l’histoire de l’art, la pop culture ou ses origines noires américaines, Mickalene Thomas met en scène sa vision de la féminité et de la beauté. Elle invente des dialogues infinis entre paysages, portraits et tableaux dans un langage tissé de collages. Pour la collection croisière 2020, cette artiste a revisité la silhouette iconique du New Look - créée par Christian Dior en 1947 - en collaboration avec Maria Grazia Chiuri. Tel un écho à ces pièces d’exception inspirées des Nymphéas de Claude Monet, son Lady Dior nous transporte dans les jardins de Giverny qui ont bercé l’imagination du peintre impressionniste. Un nénuphar se transpose en charm’s, composant la lettre « O » de Dior tandis que la flore luxuriante, miroitant sur le bassin d’eau, prend vie dans un patchwork merveilleux, conjuguant du cuir rebrodé à d’éblouissantes perles. Tout en strass, les anses rappellent des touches de peinture aux couleurs changeantes. Un hommage pluriel à la passion pour l’art de Christian Dior, qui fut galeriste avant d’être couturier, et à son amour pour les fleurs.

INTERVIEW AVEC ATHI-PATRA RUGA

  • Comme nées d’un songe, les œuvres d’Athi-Patra Ruga fascinent et interpellent. Cet artiste africain explore la société à travers le prisme de l’art contemporain, l’artisanat ou encore la pop culture. Sensuel et utopique, son travail reflète un monde narratif aux caractères hybrides, dénué de stéréotype. Pour cette édition, il imagine un Lady Dior révélant son visage, dans un jeu spectaculaire de reliefs de broderies et de perles. Cette prouesse technique est le fruit de longues heures de travail et de l’excellence des petites mains. Sa figure androgyne se distingue sur un cuir noir ponctué de fleurs et de cristaux en abondance. Une version mini, de couleur bleue, nuance chère à Christian Dior, célèbre, quant à elle, Junon, une icône de la haute couture créée par le couturier-fondateur en 1949. Les superpositions de volants et de sequins de cette robe se transposent en un patchwork de broderies colorées et lumineuses, ornées de perles et d’éclats d’or. Des savoir-faire précieux qui irradient comme des trésors. 

INTERVIEW AVEC RAQIB SHAW

  • C’est dans un monde fantasque et enchanteur que vit le peintre Raqib Shaw. Dans ses œuvres, cet artiste londonien, d’origine indienne, dessine un paradis imaginaire, incrusté de bijoux et d’émail, convoquant tout à la fois la mythologie, la poésie, la littérature, l’art sous toutes ses formes et les traditions du monde. Pensés comme des mises en scène aux décors oniriques, ses Lady Dior réinventés, tout en relief, soulignés d’or et de précieux détails, sont des projections de l’artiste empruntées à certaines de ses œuvres. Ces deux créations, ayant pour toile de fond une nuit constellée d’étoiles et de magnolias surnaturels, racontent une histoire fantaisiste. Raqib Shaw, prisonnier de la lune, cherche à s’enfuir de cet éden, mystérieux et romantique, réinterprétation chimérique du jardin de l’enfance de Christian Dior. D’abord incarné en une créature irréelle sur la version mini, l’artiste s’échappe de sa cage, métamorphosé en oiseau, sur la version medium. Un Lady Dior à vivre comme un conte merveilleux. 

INTERVIEW AVEC JIA LEE

  • Sensible aux différentes cultures du monde, Jia Lee dépeint avec émotion sa vision de la nature. La peintre coréenne s’inspire des grandes figures de l’impressionnisme à l’instar de Claude Monet et de Paul Cézanne ou encore d’Henri Matisse, chef de file du fauvisme. En observant les relations et les interactions quotidiennes entre les individus , elle invite le public à (re)découvrir le monde, et à s’en émerveiller. Telle une ode à la passion pour la nature du couturier-fondateur, elle réalise un Lady Dior orné de fleurs, à la fraîcheur presque réelle également insufflée par sa propre peinture A Girl on a Walk. Ces créations sont des toiles vierges, faites de cuir blanc texturé, sur lesquelles elle esquisse ses jardins rêvés. De somptueuses jonquilles, perlées de givre, se distinguent sur un fond réinterprétant, à l’encre noire, l’iconique toile Dior Oblique tandis que des roses en tissus finement rebrodées s’épanouissent en douceur, hommage aux traditions et à l’artisanat chers à la Maison. Une version mini représente, quant à elle, l’atelier d’un fleuriste, parsemé de tiges coupées et de pétales colorés. Des pièces enivrantes qui célèbrent l’héritage et les passions de Dior.

INTERVIEW AVEC EDUARDO TERRAZAS

  • Explorant les relations entre géométrie et architecture, entre design et muséologie, entre urbanisme et art, Eduardo Terrazas développe son propre langage visuel. Attaché aux savoir-faire ancestraux, l’architecte mexicain s’inspire des techniques de l’art huichol – un peuple du Mexique d’origine amérindienne – exigeant une concentration proche de la méditation. Son Lady Dior décline des motifs géométriques, et représente trois versions de Cosmos appartenant à sa série Possibilities of Structure. Brodées d’une marqueterie de bois peint, parées de cuir de veau bicolore noir et blanc ou de couleurs vives, elles transmettent une vision du monde graphique et unie à travers un jeu d’embossages réalisés en haute fréquence. Un écho précieux à Christian Dior qui se rêvait architecte avant de devenir couturier.

INTERVIEW AVEC RINA BANERJEE

  • En perpétuel mouvement, les travaux en volume de la plasticienne Rina Banerjee reflètent ses évolutions et son identité aux mutiples facettes. Inspirée par ses souvenirs d’enfance, l’artiste américaine, d’origine indienne, souhaite créer un dialogue connectant la culture à la nature. Son Lady Dior, imaginé avec des matières organiques et naturelles, est un véritable « cabinet de curiosités » qui se dévoile peu à peu pour s’offrir tel un trésor caché. Ici des perles de lune, bleuies par la lumière de cet astre nocturne, là des plumes peintes à la main, des coquillages ou encore des feuillages brodés - orange vif - habillent cette œuvre, surmontée d’anses façon bois sculpté. En filigrane se lit un message de paix universel et de respect pour l’environnement. Au dos, d’autres sublimes broderies, représentant les fleuves et les rivières du Monde, se connectent en un centre névralgique, pour ne former qu’un seul cours d’eau, incarnation d’un bien commun partagé par tous. Cette création, qui se décline aussi en version mini, promet une onde de spiritualité, sensuelle, physique ; telle une merveilleuse ode au courage, c’est un symbole d’espoir. 

INTERVIEW AVEC MARGUERITE HUMEAU

  • A la croisée de l’art, des sciences et de la technologie, les œuvres de l’artiste contemporaine française, Marguerite Humeau, surgissent de nouvelles dimensions. Les dimensions justement, c’est ce qu’elle aime (re)travailler. En alliant des recherches sur la paléontologie ou la biologie, elle nourrit ses créations sonores et architecturées d’une richesse organique. Pour la première fois, le Lady Dior est ainsi imprimé en 3D. Insufflé par un vent cosmique, cet objet d’art hybride, à la courbure sophistiquée, est réinventé par sa structure même, déformée telle une vague. Ce sac blanc, au toucher sensuel, pensé telle une sculpture en mutation, laisse apparaître, comme une signature en mouvement, les lettres « Dior » en ton sur ton.
    Evocation d’une autre temporalité, il se définit comme un spectre, un état d’esprit, une éruption venue du présent, du passé et du futur brouillant les limites spatio-temporelles. Une réinterprétation dont la fragilité s’exprime avec une majestueuse puissance. C’est la première fois, depuis la création du Dior Lady Art que l’architecture iconique du Lady Dior est à ce point détournée, re-sculptée littéralement.

INTERVIEW AVEC KOHEI NAWA

  • C’est un choc poétique. Les sculptures du Japonais Kohei Nawa à l’esthétique vibrante font jaillir toute sa créativité. En 2011, pour le projet Lady Dior As Seen By, il a réalisé le PixCell-Bag dont la beauté, pure et fragile, semblait dessiner une fabuleuse cristallisation de gouttes d’eau. Pour cette 4e édition de Dior Lady Art, l’artiste s’inspire de l’une de ses œuvres, une installation mouvante, baptisée BIOMATRIX (2018), évoquant le bouillonnement du magma. Ainsi, il crée quatre sacs innovants qui représentent le cycle de la vie. Pour la première fois, le Lady Dior se compose de cellules colorées en PVC soudé à haute fréquence et remplies de gel – rouge comme le sang et argent comme la pierre – qui se métamorphosent au gré des températures et de la lumière. Indissociables pour instaurer un dialogue vital, ces œuvres évolutives fascinent par leur savoir-faire hors pair. 

INTERVIEW AVEC MARIA NEPOMUCENO

  • Relier passé, présent et futur. (Re)connecter le corps à la nature. Faire rayonner la féminité. Tels sont les engagements de Maria Nepomuceno, artiste-sculptrice. Pour l’exposition Miss Dior, en 2013, elle imaginait une œuvre organique et tactile, dans ses matériaux de prédilection : la corde, la paille, la céramique et les perles. Au fil des expositions, l’artiste combine entre elles ses sculptures dynamiques et sensuelles, créant ainsi une sublime symbiose artistique. D’origine brésilienne, elle a été notamment influencée par l’esprit festif et joyeux du Carnaval de Rio pour réinventer le Lady Dior. Eclatante, cette icône se dévoile habillée de velours rouge, brodée de fleurs et de bouches perlées et colorées. Une célébration joyeuse de la diversité et de la pluralité, symbolisée par une corde organique liant chacun des côtés du sac. Ce geste délicat d’une grande force fait de ce Lady Dior un manifeste universel.