DIOR AU SALONE DEL MOBILE

Dior Maison invite dix-sept artistes à réinterpréter l’un de ses emblèmes iconiques : la chaise médaillon. Un symbole du style Louis XVI que Christian Dior a choisi dès la fondation de sa Maison, pour installer ses invités lors de ses défilés dans un décor « sobre, simple, surtout si classique et parisien » tel qu’il le décrit dans ses mémoires. Incontournable, l’ovale surmonté d’un noeud Fontanges est devenu l’un des codes du 30, avenue Montaigne où bat le coeur de Dior. Féminin et sensuel, il ponctuait, en noir et or ou rose et gris, les coffrets et flacons des premiers parfums mythiques (de Diorama à Diorissimo) ainsi que l’écrin des boutiques, à l’image de « Colifichets » – première adresse Dior inaugurée par le couturier-fondateur en 1947 –, où des chaises médaillon s’habillaient élégamment de cannage et de toile de Jouy. Figurant parmi les plus influents du monde, ces artistes ont exposé dans des musées prestigieux, à l’instar du MoMA, à New York, du MAD, à Paris, ou encore du V&A, à Londres. Une collaboration inédite et plurielle, reflet de l’ultra modernité atemporelle de la Maison, pour que perdure et se réinvente le rêve Dior.

Atang Tshikare

Fasciné par son héritage tswana et par la diversité des cultures africaines, Atang Tshikare met en lumière les croyances et les mythes sur le cosmos et le monde divin. Pour Dior, l’artiste réalise une chaise médaillon en cuir tanné végan sublimée de constellations en relief, créées par un effet débossé. Ponctuations oniriques, des pictogrammes ancestraux issus de la tribu Bantou délivrent des messages tels que « nous », « âme » et « immortel », ornés de perles noires et blanches. Chaque symbole, traduit en anglais, apparaît à travers de délicates gravures sur l’assise en bois, telle une lecture universelle. Cette pièce sculpturale, nommée Dinaledi, « étoiles » en tswana – la langue maternelle d’Atang Tshikare – place le cosmos comme point de départ et d'évolution de la vie.

    Atang Tshikare s’est inspiré des constellations de l'hémisphère Sud et de l'hémisphère Nord lors du printemps africain, comme autant de symboles qui représentent la magie et la beauté de ce qui nous entoure. Cet imaginaire céleste et spirituel rapproche plus encore le designer – sensible aux signes du destin – de Christian Dior, qui a fait de l’étoile son éternel porte-bonheur. Conçue comme une puissante philosophie de paix, cette création est une ode à la coexistence de l'être et de l'esprit. 

    Constance Guisset

    À la croisée de l’art et de l’architecture d’intérieur, du design et de la scénographie, la Française Constance Guisset, à la tête de son propre studio, explore différents univers, en quête d’éclectisme et de sens. En plus de ses projets pour des maisons d’édition de mobilier, elle conçoit des mises en scène pour des concerts et des spectacles de danse contemporaine, notamment pour la compagnie Wang Ramirez. En 2018, le musée des Arts décoratifs, à Paris, lui consacre une rétrospective personnelle dévoilant son imaginaire envoûtant, entre équilibre et ergonomie, art de l’épure et onirisme. Tout, à ses yeux, peut être point de départ, source d’inspiration : le drapé d’une sculpture antique, une couleur, la grâce d’un mouvement, une équation mathématique. 

      Ainsi, ses œuvres incarnent une nouvelle liberté, un souffle, une légèreté. Portée par la dimension et le rôle d’écrin théâtral de la chaise médaillon – sur laquelle les invités de Monsieur Dior s’asseyaient les jours de défilé, au 30, avenue Montaigne –, elle réalise une chaise pliante à la structure de bois fraisé, composée de deux ovales symétriques, tel un délicat coquillage bivalve. Cet objet s’inscrit dans un mode de vie alliant confort, sobriété sensuelle et esprit nomade, pour répondre aux envies du quotidien.

      Dimorestudio

      À la croisée des mondes de l’art, de la mode, du cinéma et du voyage, Dimorestudio célèbre la richesse créative de l’architecture et du design, au gré d’œuvres et de concepts ultracontemporains aux inspirations multiples. Cette vision-signature, cette atmosphère singulière, habite également les lieux imaginés par Britt Moran et Emiliano Salci. Un mélange virtuose et audacieux des styles, des époques, des matières et des couleurs, qui rend chaque objet unique, et qui participe à une harmonie collective inattendue.

        Sensible à l’intemporalité de la chaise médaillon de Dior et à son esprit français, le binôme a choisi de déconstruire le modèle originel, de le briser en plusieurs morceaux, avant de l’assembler à nouveau. Grâce à de précieux fermoirs en bronze et en laiton, mais aussi à des stucs revêtus de feuille d’or, les différents éléments, reconstitués à la main, sont reliés pour ne faire plus qu’un, témoignage de l’essence inaltérable de cet emblème de l’élégance. 

        India Mahdavi

        Dans son univers, les couleurs sont flamboyantes, les matières, sensuelles, et les lignes, souvent courbes. Architecte et designer, India Mahdavi crée des atmosphères cosmopolites et joyeuses. De sa signature à la fois féminine et intense, presque organique, elle réinterprète la chaise médaillon de style Louis XVI en un dialogue contemporain, multiculturel. Retapissé, l’objet se pare de nuances vives, contrastant avec l’iconique gris Dior qui l’habille traditionnellement. 

          Par ce subtil choc « polychrome et polyglotte » – deux adjectifs qu’elle aime utiliser pour se définir –, la designer française d’origine irano-égyptienne offre à cet emblème de classicisme un métissage inédit. Elle a privilégié une technique de crochet de laine, pour développer des motifs colorés – chaque fois différents – sur de sublimes broderies confectionnées grâce aux techniques artisanales indiennes du Cachemire. Uniques et singuliers, ces cinq sièges forment « une tribu soudée malgré leur individualité », selon ses mots, célébrant ainsi la rencontre des arts et des savoir-faire chère à la Maison.  

          Jinyeong Yeon

          Au gré de ses œuvres, Jinyeong Yeon transcende et détourne les matériaux du quotidien pour en révéler la beauté et leur offrir une seconde vie. Telle une évidence, il a ainsi réinterprété la chaise médaillon en deux versions brutes et colorées. L’une est composée de tuyaux subtilement déformés grâce à un moulage au sable, tandis que la seconde est conçue dans de la tôle d’aluminium, dont les stries diagonales rappellent le motif Dior Oblique. Inspiré par l’architecture mais aussi par les défilés Dior et les looks des différents Directeurs Artistiques, l’artiste coréen – qui a arboré une paire de sneakers Dior tout au long de son processus inventif – a transformé ces sièges emblématiques en des créations ultracontemporaines, capturant le regard de leur charme magnétique. 

            Joy de Rohan Chabot 

            Dessinant ses rêves d’enfant, de l’orée de la forêt à l’ombre des sous-bois, l’univers de Joy de Rohan Chabot est peuplé d’une flore féerique, reflet de sa fascination pour la nature et les arts décoratifs. Par la noblesse du travail du bronze, du bois, du fer ou encore du verre, l’artiste française, peintre et sculptrice, donne naissance à de précieux et verdoyants trompe-l’œil. Pour Dior, elle appose sa signature onirique sur la chaise médaillon, la transformant en une création végétalisée. Un geste poétique plus que jamais au cœur des enjeux contemporains. 

              Ainsi, la structure, réalisée à la main au gré de ses inspirations, laisse s’épanouir de délicats feuillages formant un dossier et une assise, et rappelle le modèle originel, par son ovale et sa couleur grise, nuance fétiche de la Maison. Luxuriant hommage à Christian Dior et à sa passion indéfectible pour les fleurs, cette œuvre unique invoque aussi l’imaginaire champêtre du défilé prêt-à-porter printemps-été 2020 pensé par Maria Grazia Chiuri, telle une ode au monde botanique.  

              Khaled El Mays

              Mettant en scène la virtuosité de la main, et notamment l’art du tissage, les trois chaises médaillon revisitées par Khaled El Mays se découvrent tel un voyage captivant au cœur de ses inspirations. Né au Liban, cet artiste formé à l’architecture – première passion de Monsieur Dior –, puise sa créativité en observant le monde qui l’entoure et en faisant dialoguer sa double culture, orientale et occidentale, source de richesse inépuisable. Perpétuant la vocation de sa mère, il a fondé son propre studio-atelier, à Beyrouth, et façonné sa première collection en hommage à la beauté de son pays.

                Cet artisanat local ainsi que le choix responsable de matériaux tiennent une place centrale dans ses travaux. Ainsi, ses pièces uniques, pensées pour Dior, révèlent, par leur esthétique graphique, un processus de déconstruction cher au designer. Chaque œuvre représente une étape de cette démarche, de la réinterprétation – respectant les proportions d’origine –, à la réinvention – modifiant l’usage et la valeur –, jusqu’à la déstructuration totale. Une série saisissante qui capture l’essence classique de cet objet historique et qui l’invite, plus que jamais, à transcender le temps.

                Linde Freya Tangelder

                « La beauté se trouve dans les éléments du quotidien, dans l’inachevé et le caractère aléatoire de la vie. » Tel est le regard que pose Linde Freya Tangelder sur le monde qui l’entoure. Conjuguant art et design, sculpture et architecture, son univers met en lumière la trivialité des objets, pour mieux les sublimer. En baptisant son studio Destroyers/Builders, oxymore évocateur, l’artiste néerlandaise affirme sa fascination pour la déconstruction qui lui permet d’imaginer ses propres œuvres. Ainsi, elle s’est emparée de la chaise médaillon Dior, dans sa version grise – une couleur emblématique chère à Christian Dior, qui la décrivait également comme « la plus pratique et la plus élégante » –, pour en faire une déclinaison en aluminium.

                  Réinterprété avec l’équilibre qui le définit, ce siège est réinventé avec trois pieds et un dossier incliné reprenant l’iconique ovale dans une forme presque brute. Son art de la simplicité et du détail irrégulier, ode à cette parfaite imperfection du travail de la main, souligne plus encore son caractère minimaliste, épuré, atemporel. Une célébration de l’artisanat et de sa virtuosité, une passion partagée par la Maison et la designer.  

                  Ma Yansong

                  La réinvention de la chaise médaillon par Ma Yansong transporte son design iconique dans le futur. Au gré de ce voyage dans le temps, la chaise est habitée par le mouvement. Revisitée en polyuréthane monochrome imprimé en 3D, l'œuvre reflète l'éthique artistique et architecturale de Ma Yansong, mêlant nature et structure pour susciter l’émotion. Cette approche imaginative et innovante est également emblématique de la pratique créative de MAD, le studio d'architecture international que Ma Yansong a fondé en 2004 et qui est implanté à Pékin, Jiaxing, Rome et Los Angeles. 

                    À travers les échelles et les typologies, Ma Yansong transcende le temps en concevant des œuvres imprégnées de la résonance spirituelle de la nature. Ainsi, Ma Yansong mène une réflexion esthétique, animée d’une philosophie contemplative, sur le temps et l’espace, et étudie de nouveaux horizons conceptuels afin d’atteindre un équilibre harmonieux. Une symbiose entre tradition historique et avenir désiré, un éblouissement qui rappelle l’essence magique de la haute couture dont Christian Dior disait qu’elle était « toujours en avance ».

                    Martino Gamper

                    Forme et fonction, style et structure se conjuguent ou se questionnent au cœur du mobilier pensé par Martino Gamper. Le designer italien, vivant à Londres, a appris le métier d’ébéniste avant d’étudier la sculpture à l’Académie des beaux-arts, à Vienne. Il rejoint ensuite le Royal College of Art, à Londres, où il évolue auprès de Ron Arad, puis enseigne à son tour. En 2017, il marque les esprits avec son projet 100 Chairs in 100 Days.

                      Durant cent jours, il a ainsi conçu cent modèles à partir d’éléments trouvés et récupérés, associant des pièces existantes pour générer des créations hybrides singulières, teintées de poésie et d’humour. Pour Dior, il retravaille une nouvelle fois cet objet incontournable, dont il simplifie les lignes tout en préservant l’allure unique du médaillon. Fruits d’un assemblage de plusieurs couleurs et matériaux – noyer, frêne et hêtre –, ses réinterprétations offrent une vision épurée et contemporaine des chaises, ces « témoins fonctionnels, élégants et intemporels ». 

                      Nacho Carbonell

                      Échapper au quotidien, interagir, s’émerveiller, découvrir, comprendre. Dans le monde de Nacho Carbonell, les créations sont plus que jamais organiques et narratives. Elles questionnent, telles des ruptures surprenantes, notre condition existentielle, notre rapport à l’histoire et à la nature des objets. Ce designer espagnol est reconnu pour ses expérimentations*, entre réalité et abstractions imaginaires, ses jeux de matières, d’accumulation, de textures et de formes, qui insufflent la vie à ses œuvres. 

                        De ses détournements audacieux, il revisite la chaise médaillon de Dior, en la dotant d’une personnalité propre, mais aussi de différents récits qui définissent sa singularité aujourd’hui. Ainsi, l’incontournable ovale, ornant le dossier du siège, est multiplié jusqu’à obtenir un effet de pixels, tout comme ses pieds, qui donnent une illusion de pluralité. Autant de facettes qui constituent l’essence unique de cette icône du style, moderne et atemporelle, et célèbrent sa beauté universelle. 

                        * Parmi ses nombreuses récompenses internationales, le titre de Designer of the Future lui a été décerné à la foire Design/Miami Basel, en 2009.  

                        Nendo

                        Façonner le réel, jouer avec les perceptions et l’idée du bonheur, réinventer les dimensions… Tel un magicien, Oki Sato excelle dans l’art de l’illusion au gré des réalisations de son studio, baptisé nendo (signifiant, littéralement, pâte à modeler). Mêlant avec virtuosité l’architecture et le design, les lignes pures et la douceur des émotions, le Japonais invente ses propres codes minimalistes teintés d’une joie onirique. Un style singulier qui lui a valu une reconnaissance internationale et des récompenses prestigieuses, une signature puissante, sensible, à l’image de sa réinterprétation graphique de la chaise médaillon Dior, intitulée Chaise Medaillon 3.0. Dossier, assise et pieds ne forment plus qu’une pièce, taillée dans une fine plaque de verre trempé, courbée en un demi-cercle, tel un espace à soi, une intime parenthèse hors du monde et du temps.

                          Du siège iconique, subsistent ses nuances blanches et grises, ponctuées d’un rose pâle, couleur fétiche du couturier-fondateur. Son ovale emblématique, mis en exergue par un jeu d’abstraction et de transparence, apparaît en creux et au cœur de la matière, tel le signe inaltérable de son intemporalité. Une élégance contemporaine où dialoguent passé, présent et futur, art et mode, « une longue conversation avec Monsieur Dior », souligne spontanément Oki Sato. 

                          Pierre Charpin

                          « Occuper une place indéterminée entre ce qui existe déjà et ce qui n’existe pas encore », ainsi le Français Pierre Charpin définit-il sa démarche artistique, nourrie par la quête de nouveauté, par l’inattendu des rencontres. Formé aux Beaux-Arts, sa vision du design est celle d’un plasticien qui réinvente les figures géométriques en un langage inédit. Ses créations traduisent une recherche ultime de simplicité et de raffinement, à l’instar de sa réinterprétation de la chaise médaillon pour Dior. Pensée comme un objet symbolique, son œuvre se dessine dans l’espace comme les traits d’un croquis, telle une silhouette haute couture esquissée par Monsieur Dior. 

                            Ses lignes épurées, noires, graphiques, reconstituent l’essence et les courbes du modèle iconique – ses quatre pieds et son emblématique dossier en ellipse –, tandis qu’une assise surmontée d’un miroir offre un contraste saisissant avec la structure en acier. Une invitation, selon les mots du designer, à « (se) regarder avant d’être regardé », reflet envoûtant du monde de la mode et de la construction de l’identité.  

                            Pierre Yovanovitch

                            Inspiré par le mouvement néoclassique de la Swedish Grace des années 1920 (littéralement, « la grâce suédoise »), Pierre Yovanovitch est également fasciné par la richesse esthétique de la nature, dont la palette chromatique et les formes organiques offrent une source d’inspiration inépuisable. Pour Dior, cet architecte d’intérieur français, reconnu pour ses projets captivants où dialoguent art, design et raffinement, sensualité et géométrie, a métamorphosé l’emblématique chaise médaillon en une œuvre « rebelle et contemporaine », selon ses mots. Conçues tel un diptyque masculin-féminin, ces deux pièces sculpturales en acier – baptisées Monsieur et Madame Dior – liées par leur style et par leur allure, cultivent, au-delà de leurs affinités, leur propre individualité, à l’image d’un couple amoureux. 

                              Un écho sensible à l’histoire plurielle et singulière de cet objet, inscrite au cœur de l’héritage de la Maison. Célébrant plus que jamais ses codes, ce duo décline l’incontournable toile Dior Oblique, imaginée par Marc Bohan en 1967, dans de nouvelles nuances et une broderie d’exception, créées spécialement par le prestigieux atelier Vermont. Un geste artistique qui rend hommage à l’essence inaltérable de cette icône d’élégance.  

                              Sam Baron

                              Odes à l’art et à la joie de vivre, chers à Christian Dior, les chaises médaillon réinventées par Sam Baron irradient de modernité, à la croisée des cultures, de l’histoire et d’une philosophie conviviale. Le designer français a ainsi transcendé la dimension individuelle de cette icône du style en déployant son incontournable silhouette ovale sur des versions indoor et outdoor, parmi lesquelles figurent, notamment, une balancelle et un double fauteuil à bascule. Des objets ludiques et chaleureux, nés librement de son imaginaire et de ses croquis colorés qui reflètent l’élégance contemporaine et onirique de Dior. 

                                Cette personnalité iconoclaste partage avec la Maison cette même vision poétique de la beauté, un amour inconditionnel de la nature et de la flore, et observe le monde qui nous entoure pour créer des pièces singulières et collectives, alliant savoir-faire d’exception et innovation. Ces œuvres sculpturales célèbrent, plus que jamais, la douceur des instants complices, ces moments de bonheur et de vraies rencontres, suspendus hors du temps. 

                                Seungjin Yang

                                « Simple, unique et fun » tels sont les mots de Seungjin Yang pour décrire sa réinterprétation de la chaise médaillon Dior. Inspiré par la confrontation d’objets aux caractéristiques opposées, qu’il met en scène avec virtuosité dans sa collection de meubles Blowing Series, il a transformé cet emblème de la Maison en une création ludique défiant l’imaginaire. L’artiste coréen a ainsi moulé différents ballons, symboles de fragilité et d’instabilité, avec de la résine époxy, pour réinventer la structure, l’assise et le dossier de la chaise. Une œuvre surprenante, joyeuse, qui conjugue sobriété, élégance et prouesse technique.  

                                  Tokujin Yoshioka

                                  « Transcender les sens humains. » Tel est le désir du designer japonais Tokujin Yoshioka, conjuguant l’art contemporain à l’architecture, le passé et l’avenir. Fasciné par les éléments intangibles – notamment les émotions, les énergies, les sons ou les odeurs –, il s’inspire de son héritage culturel et de l’aura de la Nature pour concevoir des objets captivants, entre abstraction et réalité. Ainsi, pour réinventer la chaise médaillon de Dior, il transforme la lumière en une matière à part entière, un processus audacieux qui est devenu sa signature artistique. 

                                    Comme une illusion d’optique, son œuvre prend vie dans un subtil jeu de transparence et de relief, symbole d’un ailleurs rétrofuturiste. Cette prouesse technique, telle une évasion chimérique, dépasse la structure formelle de cette pièce unique, qui semble née d’une étincelle vive, imaginaire. Une création qui brouille les limites spatio-temporelles, une invitation à rêver, au-delà des frontières et des apparences.