LA RENCONTRE

LA RENCONTRE

    À la croisée de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, l’artiste contemporain Mathias Kiss réinterprète des savoir-faire ancestraux avec un esprit contestataire. Les œuvres de ce créateur inclassable conjuguent célébration de l’héritage et humour du détournement. Cuisinier globe-trotter, curieux insatiable et travailleur acharné, Jean Imbert est un chef qui aime surprendre. Sensible et libre, sa cuisine ultra-créative lui ressemble et lui vaut un succès international. 

    Fidèles amis de Maison Christian Dior, ces deux artisans de l’excellence nous livrent leurs impressions sur Spice Blend, le dernier-né de la collection, ainsi que leur relation intime et passionnée aux parfums et aux odeurs.

    3 QUESTIONS À MATHIAS KISS

      • QUE VOUS EVOQUE SPICE BLEND, LA NOUVELLE FRAGRANCE DE LA COLLECTION MAISON CHRISTIAN DIOR ?

        Tout un voyage ! Les épices, le cèdre, les senteurs suaves, des effluves de gingembre… C’est la lumière de l’été, l’évasion festive, l’échappée solaire, enivrante, on a envie de prolonger la nuit, de prendre le temps, d’aller se baigner… !


        QUEL A ETE VOTRE PREMIER SOUVENIR OLFACTIF ?

        L’odeur de la station essence, symbole fort de la route des vacances de mon enfance. Il y avait cette nostalgie de la réminiscence (rémin-essence !), convocation imaginaire de l’été précédent, souvenir de famille et de la fratrie réunie, cette évaporation trouble ponctuant ces moments de pause, sur ce chemin vers la mer. C’était un rendez-vous olfactif très fort, comme l’était aussi l’odeur de l’océan Atlantique de l’île de Noirmoutier, chez mes grands-parents, une odeur rituelle de pureté, comme un lavement cathartique ; les sens s’ouvraient enfin !



      • APRES L’EAU, LE BOIS… LA TEREBENTHINE, UNE ODEUR LIEE A VOTRE VOCATION D’ARTISAN-EBENISTE, QUI VOUS EST CHERE…

        Très chère ! Je n’ai pas été formé, j’ai été élevé par mon métier, le compagnonnage fut pour moi une véritable éducation… J’ai commencé à 14 ans et j’ai été confronté à des responsabilités très jeune. Et surtout, je travaillais dans des lieux magiques : Notre-Dame, la Comédie Française, l’opéra Garnier. À 14 ans, c’étaient mes terrains de jeux, que je peuplais d’histoires de princes et de princesses sortis de mon imaginaire d’enfant que j’étais encore. Au-delà de cette fantasmagorie, j’avais le sentiment d’être privilégié, je pouvais jouer à cache-cache sur les toits du Louvre, avec les gardiens !

      3 QUESTIONS À JEAN IMBERT



        • VOS PROPOS RESSEMBLENT À CEUX DE FRANÇOIS DEMACHY LORSQU’IL DIT QUE LES FRAGRANCES MAISON CHRISTIAN DIOR SONT CRÉÉES EN TOUTE LIBERTÉ, INSPIRÉES PAR SES VOYAGES. CRÉEZ-VOUS AUSSI DE CETTE MANIÈRE ?

          Oui, ce vagabondage permanent est également très important à mes yeux. Je m’imprègne de la même façon de tout ce qui m’entoure, de mes nombreux voyages mais aussi simplement de la rue à Paris, des gens, d’une conversation, d’une affiche… Tout peut faire « tilt » très vite et me donner une idée créative.

        • SPICE BLEND EST UNE FRAGRANCE QUI MET EN EXERGUE LA PUISSANCE DES ÉPICES. QUE VOUS EVOQUENT-ELLES ?

          Les épices me parlent, bien sûr, comme tout cuisinier qui se respecte ! Le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est le voyage, le mouvement. Non seulement parce que j’ai la chance de beaucoup voyager et d’aller à la rencontre de nouveaux goûts, de nouvelles odeurs mais aussi parce que petit à petit s’est dessinée une sorte de route des épices qui m’est personnelle ; elle est le fruit de toutes ces rencontres. Lorsque je suis en cuisine, une seule épice peut faire surgir des souvenirs, me faire partir à la rencontre d’une culture, juste avec quelques notes. Leur odeur comme leur goût ont un pouvoir d’évocation immédiat, très fort.



        • FRANÇOIS DEMACHY A CRÉÉ DES DIALOGUES DANS SON PARFUM. SES ÉPICES SE COMPLÈTENT, S’AGENCENT ENTRE ELLES. EST-CE LE MÊME PROCÉDÉ POUR UN PLAT ?

          Manier les épices, c’est un exercice subtil. Tout ne va pas ensemble ! On a souvent la fausse impression qu’on peut se laisser aller sans retenue, qu’on peut tout « balancer ». Un peu de cannelle dans un gâteau, du curry dans un plat et on croit que le tour est joué… C’est un leurre, les dosages doivent être hyper subtils, réfléchis. Par exemple, lorsqu’on « cloute » un oignon, il faut faire attention à la puissance du clou de girofle. On n’en utilise que deux ou trois pour des litres de bouillon ! Je sais que cette précision existe dans la parfumerie comme en cuisine : on doit composer en prenant garde à certaines notes surpuissantes qui peuvent tout écraser.